Monday, September 04, 2006

Il Paraît (By Maya Habchi El-Achkar Zayek)

"Pour qui sonne ce glas lointain et dans mon coeur et dans ma tête? Ce glas que je connais désormais si bien... ce glas que rien ni personne n'arrête?!
Il paraît que c'est pour toi qu'il se démène cette fois? Il paraît que tu n'est plus là? Il paraît que c'est tellement vrai! Il paraît que tu es parti? Que tu as tiré ta révérence? Que ce cortège fleuri qui marche en silence est le tien aujourd'hui et...celui de mon existence!
Il paraît aussi que je suis toujours en vie! Que je respire encore...enfin...c'est ce qu'on me dit! Il paraît qu'ils ne savent pas...qu'ils ne savent rien de nous...ils ignorent cette fois qu'il ne reste rien du tout: qu'une folie en majuscules, en LA majeure, en caractères gras...qu'un pantin qu'on articule parce que force lui est de rester là!
Il paraît...Tu parais...
Quel verbe futile l'Emile! Tu l'as si bien conjugué...à tous les temps inutiles!
Tu as Paru avant moi pour m'aplanir le terrain d'une enfance tout en blanc, pavée de lendemains!
Tu Paraissais "Brélien", poête jusqu'au bout des yeux...artiste...cornélien! Tu Paraissais...heureux!
Tu Paraîtras dans mes rêves ou dans le peu qui en reste encore, présence illusoire et brève qui rendra le mal plus fort!
Il paraît...Je parais...
Quel verbe mutilé l'Emile! Je Parais si incapable de te mettre sur papier!
Prête-moi ta guitare pour que je te chante peut-être? Tes cordes...ta voix...ton art pour interpréter ta quête!
Prête-moi ta fougue, ta passion, ton génie...tes morceaux de rêves pour que je te berce la nuit!
Prête-moi ta sensibilité, ta conséquence, ta perfection...pour que je te fasse des slogans digne de ta création!
Prête-moi ton monde inconnu...inviolable! Ton utopie! Tes ondes! Tes coins secrets!Tes fables!
Mon encre est si fragile, mon écriture est maladroite... ma plume se fait sénile...j'ai la main qui boite!
D'ailleurs...t'écrire est si banal, si dérisoire...si PETIT! Hurler, c'est tout dire! Hurler sans répit! Lancer des pierres au ciel pour qu'il se lézarde! Cribler ce maudit soleil à coup de hallebardes! Eteindre les étoiles! Prendre la lune en otage! Abolir les horizons! Lacérer les nuages!
Et t'offrir une enfance à fleur de peau...à fleur de doigt!
Et te cacher ma souffrance pour que la tienne ne récidive pas!
Il paraît que tu n'as plus envi que le rideau se lève? Tu ne veux plus être applaudi? Tu l'as voulu courte et brève...cette satanée comédie!
Et ils disent tant de choses sur ton libre départ! Ils se délèctent de scénarios, inventent tant d'histoires!
Le monde est ainsi fait et tu l'as si bien prouvé...trop libre pour rester là parmi des Prisonniers!
Alors...Va...Va où ton coeur te porte...
Va où il y a le vent...Çà fait trop mal l'Emile... mais qu'importe?!
Il paraît que nous sommes encore vivants!"

7 Comments:

Blogger gabrielf said...

l'emile = the pres?

11:22 AM  
Blogger Maldoror said...

Hehehe! No. It's the brother of the great woman who wrote this poem :)

3:09 PM  
Blogger Maya@NYC said...

where did you get this poem from?
it brought me to my knees!!! so powerful....

and gabrielf: i doubt that anyone would take the trouble to waste any ink after the "departure" of baabda's emile.

8:57 AM  
Blogger Maldoror said...

Well, it is my teacher who wrote it back in 1999. She read it once to us, so I copied it and kept it with me to read from time to time. She is an amazing woman.

7:50 PM  
Blogger rimbaud said...

Brilliantly written indeed. I could hear brel signing "Orly". Excruciating to say the least.

1:15 PM  
Blogger Maldoror said...

Rimbaud,
It is a masterpiece indeed :)

12:36 AM  
Blogger Maldoror said...

Oh and am waiting for your first posts Rimbaud; the name of your blog is mouth-watering to say the least :)

12:41 AM  

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